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    L’œuvre matérielle de Serigne Abdoullahi : le dër. Partie 1 :

    17 avr. 2024
    2 min de lecture



    « La terre recèle une fortune incalculable à la disposition de tout mortel qui veut s’en donner la peine. Avec un peu de patience et une bonne organisation, Allah fera le reste ». Ces propos empreints de sagesse, de réalisme et de foi de Borom dër bi, résument parfaitement la philosophie du saint homme.

    Son idéologie reposait sur le travail, la connaissance et une confiance absolue en Allah. Fidèle aux enseignements de son père et aux prescriptions divines, il était animé par la volonté d’obtenir des revenus licites par le travail.

    Les premières années de son installation à Darou Rahmane, Serigne Abdoullahi se consacrait à l’éducation de ses talibés, à l’adoration d’Allah et s’adonnait au travail de la terre. Il considérait que c’était une obligation pour tout musulman de travailler pour avoir des ressources licites et il a choisi l’agriculture. Il a commencé par cultiver du mil et de l’arachide comme c’était la norme dans cette zone. Il écrivait tout ce qu’il investissait et à la fin, il a vu qu’il y avait plus de perte que de bénéfice. La culture arachidière requérait des frais et de l’énergie et le rendement n’était pas au rendez-vous. Et surtout la campagne se déroulait seulement sur trois mois, ensuite il fallait attendre neuf mois. C’était un gâchis à ses yeux. Il voulait travailler la terre sans interruption et faire des récoltes toute l’année.

    Il décida alors en 1937 de se lancer dans le maraîchage et de créer un jardin. Ce jardin appelé «dër» en langue wolof, lui donnera son surnom “Borom dër bi“, le Propriétaire du Jardin. Certains traduisent le terme dër par verger, jardin, potager. C’est le terme jardin qui est retenu dans cette œuvre. L’idée d’un jardin pouvait étonner sur cette terre aride du Baol plus habituée à produire du mil, du niébé, du sorgho, de l’arachide. Le projet de Serigne Abdoullahi fut accueilli avec beaucoup de scepticisme et les villageois présageaient d’un échec mais c’était compter sans la détermination, l’intelligence et la foi du saint homme. Sam Niang qui était à l’époque son disciple m’a confié comment l’aventure du fameux dër a débuté. Il a été témoin de la plupart des faits et certains lui ont été relatés par son grand frère Mor Niang qui était un disciple rapproché de Serigne Abdoullahi. Il cuisinait pour le saint homme et lui faisait ses commissions.

     
     
     

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